CSRD 2026 : quel impact sur vos challenges écologiques ?

Entrée en vigueur le 18 mars 2026, la directive européenne Omnibus relève les seuils d'application de la CSRD à plus de 1 000 salariés et 450 millions d'euros de chiffre d'affaires. En clair : sur les quelque 50 000 entreprises européennes initialement visées par le reporting de durabilité obligatoire, il n'en resterait plus qu'environ 10 000. La quasi-totalité des PME et ETI françaises sort donc du périmètre légal.

La conséquence directe pour vous, responsables RH & RSE de ces structures dorénavant exemptées ? Il vous prive d'un argument d’autorité : « la loi nous oblige à reporter sur notre durabilité, autant structurer nos actions en conséquence. ». Et avec lui, la question que vous allez devoir affronter en CODIR : pourquoi continuer à investir dans un challenge écologique interne, une politique RSE structurée, ou même une simple opération de tri, si la loi ne nous y contraint plus ?

La réponse tient en un mot : vos parties prenantes. Les salariés de vos entreprises n'ont peut-être jamais lu un rapport de durabilité, mais ils vivent vos actions RSE au quotidien. Et vos clients continuent d'exiger des preuves d'engagement — la loi vient même de leur donner un nouvel outil pour le faire, avec des limites précises. Alors on fait le point sur ce qui change réellement, ce qui ne change pas, et comment tenir le cap sans le filet légal.

 

Quels sont les nouveaux seuils CSRD en 2026 ?

Depuis l'entrée en vigueur de la directive Omnibus le 18 mars 2026, seules les entreprises de plus de 1 000 salariés et plus de 450 millions d'euros de chiffre d'affaires restent soumises à l'obligation de publier un rapport de durabilité — contre un seuil initial de 250 salariés et 40 millions d'euros de chiffre d'affaires prévu par la CSRD d'origine. Conséquence directe : le nombre d'entreprises directement concernées en Europe passerait d'environ 50 000 à environ 10 000, soit une sortie d'à peu près 80 % du périmètre initialement visé.

Quand ces nouveaux seuils s'appliquent-ils réellement en France ?

La directive doit encore être transposée en droit français, avec une échéance fixée au 19 mars 2027. L'exercice est délicat. Souvenez-vous, la France avait déjà transposé le texte initial de la CSRD. Elle doit donc désormais « détricoter » son dispositif national existant avant d'appliquer les nouveaux seuils. Tant que cette transposition n'est pas finalisée, une entreprise qui sortirait des nouveaux seuils européens peut, dans certains cas, rester soumise, un exercice supplémentaire, à l'ancien régime. Toute communication sur ce sujet devrait donc rester prudente : « le cadre est fixé au niveau européen, sa traduction en droit français reste en cours ».

Le VSME, le nouveau standard volontaire pour les PME

Pour les entreprises qui sortent du périmètre obligatoire mais qui doivent continuer à répondre aux demandes de leur chaîne de valeur, l'EFRAG a développé un référentiel volontaire simplifié, le VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for SMEs). Son adoption officielle par acte délégué est attendue à l'été 2026. Il est pensé comme un format proportionné, beaucoup plus léger que les ESRS ( European Sustainability Reporting Standards) complets, et conçu spécifiquement pour répondre aux questionnaires fournisseurs sans engager une démarche de reporting complète.

 

Si je sors du périmètre CSRD, mes clients vont-ils arrêter de me demander des informations RSE ?

Non — et la directive Omnibus encadre désormais cette zone grise plutôt que de la laisser sans limite. Elle introduit un mécanisme appelé « Value Chain Cap » : il interdit aux grandes entreprises soumises à la CSRD d'exiger de leurs fournisseurs de moins de 1 000 salariés des informations allant au-delà du standard VSME. Concrètement, vos donneurs d'ordre peuvent continuer à vous interroger sur votre démarche RSE — c'est même probable, le devoir de vigilance ne disparaît pas — mais leurs demandes sont désormais contractuellement plafonnées. Toute clause qui irait au-delà devient contestable. C'est un changement de nature : on passe d'une obligation légale directe à une logique de rapport de force commercial encadré, où la PME dispose enfin d'un argument de refus face aux questionnaires disproportionnés.

C'est précisément ce point que beaucoup d'entreprises non soumises continuent de structurer volontairement, notamment via le VSME : non pas parce que la loi l'exige, mais parce que leurs clients continuent de le demander dans les limites désormais fixées.

Tableau récapitulatif

 

Le vrai risque : le retrait silencieux des actions RSE

Une entreprise qui avait communiqué sur ses engagements RSE et qui les abandonne discrètement dès que la pression légale s'éloigne s'expose à une incohérence visible. En interne, les salariés remarquent l'écart entre le discours passé et la réalité présente, ce qui nourrit un cynisme difficile à désamorcer ensuite. En externe, les clients ou partenaires qui avaient noté l'engagement constatent le retrait — un terrain particulièrement sensible à l'heure où les accusations de greenwashing circulent vite sur les réseaux sociaux.

Les challenges écologiques internes sont, de ce point de vue, le test le plus visible de cette cohérence : contrairement à un rapport de durabilité, c'est une action que chaque collaborateur vit directement, compare d'une année sur l'autre, et commente en interne.

 

Comment tenir le cap RSE sans la pression réglementaire : la question de la cohérence d'exécution

Sans la contrainte légale, l'action RSE n'a plus qu'une seule justification solide aux yeux de vos équipes : sa cohérence. Pas la cohérence du discours — celle-là, tout le monde sait la produire — mais la cohérence des détails d'exécution. Ce sont eux que vos collaborateurs lisent en réalité, souvent sans le formuler explicitement.

Un challenge écologique interne bien construit peut mobiliser durablement, créer du lien entre collègues autour d'un objectif commun, et renforcer l'attachement à l'entreprise. Mais cette dynamique s'arrête net — ou pire, se retourne — dès qu'un élément du dispositif contredit le message. Et l'élément le plus exposé est précisément celui auquel on pense en dernier : la récompense.

Pourquoi la dotation est le premier endroit où l'incohérence se voit

Imaginez un collaborateur qui vient de réduire ses déplacements en voiture pendant un mois, trié consciencieusement ses déchets, ou participé à un atelier sur la sobriété énergétique — et qui reçoit en récompense un bon d'achat générique dans une grande enseigne. Le message implicite est clair : l'entreprise n'a pas vraiment pensé jusqu'au bout. Ce n'est pas un jugement moral, c'est un signal d'incohérence que le collaborateur enregistre et qui érode la crédibilité de toute la démarche.

C'est précisément pour ça que le choix de la dotation n'est pas un détail logistique — c'est un acte de communication interne. Des dotations comme la carte cadeau éco-solidaire éthi'Kdo permettent de prolonger la cohérence jusqu'au dernier geste : les collaborateurs peuvent l'utiliser pour soutenir des commerces engagés, réserver un séjour plus durable, ou faire un don à une association de leur choix. La récompense devient une extension du message plutôt qu'une contradiction silencieuse avec lui.

Un test simple pour évaluer votre dispositif actuel : si vous deviez présenter votre dotation lors du lancement du challenge, vous sentirez immédiatement si elle tient la promesse ou si elle la trahit.

 

FAQ

Ma PME est-elle encore concernée par la CSRD en 2026 ?
Avec la directive Omnibus entrée en vigueur en mars 2026, seules les entreprises de plus de 1 000 salariés et 450 millions d'euros de chiffre d'affaires resteraient soumises à l'obligation, une fois la transposition en droit français finalisée (échéance mars 2027). La grande majorité des PME et ETI françaises sort donc du périmètre obligatoire.

Qu'est-ce que le Value Chain Cap et en quoi me protège-t-il en tant que fournisseur ?
C'est un mécanisme introduit par la directive Omnibus qui plafonne légalement les informations RSE qu'une grande entreprise soumise à la CSRD peut exiger d'un fournisseur de moins de 1 000 salariés. Au-delà du standard VSME, la demande devient contestable — ce qui donne aux PME un véritable droit de refus face aux questionnaires disproportionnés.

Dois-je adopter le VSME même si je n'y suis pas obligé ?
Rien n'y oblige légalement, mais c'est l'outil pensé pour répondre proportionnellement aux demandes de vos clients dans le cadre du Value Chain Cap, sans engager une démarche de reporting complète. Son adoption officielle est attendue à l'été 2026.

Qu'est-ce qu'un challenge écologique en entreprise ?
C'est un dispositif qui mobilise les collaborateurs autour d'objectifs environnementaux concrets (réduction d'empreinte carbone, tri, mobilité douce) à travers une dynamique ludique et collective, souvent récompensée par des cadeaux ou avantages.

Quelle récompense choisir pour un challenge écologique interne ?
Privilégier une récompense cohérente avec l'objectif du challenge plutôt qu'un cadeau générique. Les cartes cadeaux éco-responsables, qui orientent vers des commerces engagés ou des dons associatifs, prolongent le message du challenge plutôt que de le contredire.

 

Conclusion

La directive Omnibus allège la pression réglementaire pour la quasi-totalité des PME et ETI françaises, mais elle ne supprime pas les attentes de vos équipes ni de vos partenaires commerciaux — elle les recadre, notamment via le Value Chain Cap. Le vrai risque n'est pas de continuer vos actions RSE sans obligation légale : c'est de les abandonner discrètement et de laisser apparaître l'écart entre votre discours passé et votre comportement présent.

Si vous pilotez un challenge écologique interne ou réfléchissez à en lancer un, la question n'est plus « sommes-nous obligés de le faire » mais « est-ce que ce que nous proposons est cohérent jusqu'au bout, y compris dans la récompense ».


 

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