Le véganisme, ce serait pas un peu too much ?
Promis, nous venons en paix ! (malgré ce titre un peu aventureux, on le concède).
Bien que la place de l’humain et son rapport aux autres espèces animales ne datent pas d’hier, le véganisme prend une nouvelle ampleur ces dernières années comme en témoignent plusieurs études récentes (1). Alors, pourquoi le véganisme séduit-il de plus en plus et quels sont ses véritables impacts ?
Après avoir exploré le Made in France, le zéro déchet ou la seconde main, Il était grand temps de vous partager notre vision du végétalisme, cette démarche encore mystérieuse pour beaucoup. Pour être clair·e·s, il ne s’agit que de notre point de vue : nous ne cherchons pas à convaincre que c’est le meilleur, juste à ouvrir la discussion. Vos avis sont donc plus que bienvenus en fin d’article !
Trêve de tofu et de steak pardon galette non en fait steak c’est ok (végétal), voyage au pays de nos questionnements sur le véganisme.
Alors le véganisme, c’est quoi en fait ?
Le véganisme se définit comme un mode de vie qui refuse l'exploitation des animaux, et exclut donc la consommation de produits d'origine animale (2).
Au-delà de l'adoption d'une pratique alimentaire végétalienne (qui exclut les produits alimentaires d'origine animale comme la viande, le poisson, les produits laitiers, les œufs et le miel), le véganisme exclut également la consommation de tout autre produit issu des animaux, de leur exploitation ou testé sur eux (cuir, fourrure, laine, soie…).
Ainsi, un vegan n’achètera pas une paire de baskets en cuir, des cosmétiques testés sur les animaux ou encore un bonnet en laine.
Extrême diraient certains. Eh bien, commençons par tenter de comprendre pourquoi certaines personnes s’infligent ça.

Mais pourquoi les vegans sont-il des vegans ?
(bah oui, c’est quand même dommage de se priver de fromage non ?)
Voici les 3 principales raisons pour lesquelles les vegans le deviennent (3) :

1 - Pour être en meilleure santé
Contrairement à certaines idées reçues, des études récentes montrent que la consommation de viande ne serait pas aussi bonne pour la santé que ce qu’on a pu croire. En effet, il apparaît que la viande rouge et la viande transformée augmentent les risques de cancers, de maladies cardiovasculaires, de diabète et d'obésité (4).
Il en irait de même sur les apports du poisson, dont la consommation est encouragée pour ses qualités nutritives. Néanmoins, ce dernier serait devenu l’un des aliments les plus pollués, en mer comme en eau douce, contaminé par des métaux lourds, des micro-plastiques et autres substances nocives et perturbateurs endocriniens (5).
Ces éléments ont même poussé certains sportifs de haut-niveau comme Novak Djokovic et Serena Williams à adopter des régimes vegan ou quasi-vegan (6).
2 - Pour protéger l’environnement
La production de produits d’origine animale se situe au coeur de plusieurs grands enjeux environnementaux de notre époque dont voici quelques illustrations parmi d’autres :
Déforestation : L'élevage est aujourd’hui la première cause de la déforestation : près de 80% des arbres sont abattus pour créer des pâturages ou pour cultiver du soja destiné à nourrir les animaux (7).
Émissions de gaz à effet de serre :La production animale est une source majeure de gaz à effet de serre. Par exemple, 1 kg de bœuf génère environ 28 kg de CO₂, contre seulement 0,6 kg pour 1 kg de lentilles (8). L’élevage nécessite beaucoup d’énergie, d’eau et de surfaces agricoles.
Pollution des sols et de l’eau : L’élevage intensif nécessite engrais et pesticides pour nourrir les animaux, contaminant sols et rivières. Les déjections mal gérées provoquent eutrophisation et pollution des nappes. Prenons comme exemple Plouvorn en Bretagne, où la forte concentration d’élevage porcin entraîne des émissions massives d’ammoniac (9).
Biodiversité : En outre, l’extinction des espèces et le déséquilibre des écosystèmes sur Terre sont en partie liés à la consommation de produits animaliers. La surpêche et la pêche fourragère (qui sert à nourrir des poissons d’élevage et représente 1/5 de la pêche marine) menacent de nombreuses espèces : plus d’un tiers des stocks mondiaux de poissons marins sont aujourd’hui surexploités (10).
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3 - Pour protéger la vie animale
Ne pas consommer de produits ayant tout ou partie d’origine animale permet de lutter contre la maltraitance. En effet, chaque jour en France, 3 millions d’animaux sont prélevés tués (soit + d’1 milliard d’animaux par an, rien qu’en France), et 8 animaux sur 10 sont détenus dans des élevages intensifs (10).
Les conditions d’élevage, de transport et d’abattage sont sources de nombreuses souffrances pour les animaux, physiques (élevage en cage, surpeuplement, violence, mutilations, gavage, insémination à répétition, maladies…) comme psychologiques (stress, troubles psychologiques…), comme le montrent de nombreuses vidéos de l’association L214 qui enquête dans des abattoirs.
Les dernières études démontrent que pour nombre d’espèces animales, les souffrances physique ou psychologique ressenties sont très proches de celles éprouvées par les humains (11)
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Ça ressemble à de bonnes raisons, alors éthi’Kdo, que faites-vous en proposant des partenaires pas vegan ?
De la même manière que nos enseignes partenaires ne sont pas toutes 100% locales, bio, équitables ou zéro déchet, nous ne proposons pas uniquement des enseignes 100% vegan. Sinon, nous exclurions un trop grand nombre d’acteurs, notamment dans des secteurs comme la restauration ou la mode, dont certains font pourtant beaucoup de choses bien.
La carte éthi’Kdo ne pourrait ainsi plus proposer des marques exemplaires du Made in France comme 1083 (qui propose des baskets en cuir), du commerce équitable comme Artisans du Monde (qui propose du chocolat certes bio et équitable, mais parfois au lait) et bien d’autres…
Au final, le catalogue d’enseignes deviendrait tellement réduit que notre carte cadeau aurait l’air plus légère qu’un pot de fromage blanc 0%. Et surtout, en voulant viser la “pureté” absolue, nous risquerions de rendre la carte trop élitiste et de décourager de nouveaux utilisateurs qui pourraient autrement découvrir et adopter progressivement une consommation plus responsable.

Mais alors vous ne faites rien ?
Pas tout à fait. En réalité, au même titre que les alternatives bio, équitables, Made in France… les alternatives véganes ont toujours été mises en avant sur notre carte cadeau.
Pour illustrer, voici 3 exemples de ce que nous faisons ou ne faisons pas à ce jour :
1 - Nous n’intégrons pas les enseignes qui ne proposent que des produits animaux
Par exemple, en 2023, nous avons décidé de ne pas inclure à notre réseau une marque qui promeut une pêche responsable.
Bien que les méthodes de pêche pratiquées étaient bien moins problématiques que la norme du secteur, cette enseigne ne proposait à la consommation que des produits animaux.
Néanmoins, nous avons considéré que la place des poissons et des crustacés se situait davantage dans l’océan que dans des bacs réfrigérés et que s’il n’était pas nécessaire d’en manger pour être en bonne santé (12), alors nous n’étions pas à l’aise avec l’idée de proposer une marque dont les seuls produits étaient ceux-ci.
Pour citer un autre exemple, nous n’avons pas répondu à la sollicitation d’une chambre d’agriculture qui souhaitait que nous développions leur solution de carte cadeau qui intègrerait des fermes 100% animales.

2 - Nous n’intégrons pas non plus les enseignes qui proposent un ou plusieurs produits dont la pratique implique nécessairement une souffrance animale trop significative
Par exemple, il n’y a pas de foie gras proposé chez les enseignes partenaires d’éthi’Kdo, car nous estimons ne pas vouloir soutenir une production causant une souffrance animale aussi significative (et interdite dans de nombreux pays depuis très longtemps) (13).
Il en va de même pour les cosmétiques pour lesquels, nous ne référençons pas de marque qui testerait ses produits ou ingrédients sur les animaux, car ces tests sont souvent douloureux pour les animaux, voire mortels (14). La production cruelty free ou “sans cruauté” animale fait donc partie de nos critères de sélection de nos marques de cosmétiques partenaires.
3 - Nous mettons en avant régulièrement les acteurs qui ont réussi à créer des produits vegans
Nous adorons faire découvrir :
- Les marques françaises Zeta et MoEa et leurs baskets créées à partir de raisins et autres végétaux,
- Altermundi qui a créé une catégorie vegan sur son site,
- Oé et son vin local, bio et vegan (car oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, le vin n’est pas vegan par défaut) (15)
- Kadoresto qui propose un grand nombre de restaurants 100% végétarien ou vegan et où chaque restaurant référencé doit nécessairement proposer une option végé.
- et même l’initiative à but non-lucratif Veganuary, qui encourage à manger vegan pendant le mois de janvier (et tout le reste de l’année) et à laquelle nous participons depuis 2025.
Et demain ?
A terme, nous verrions comme un signe très positif que la carte éthi’Kdo propose uniquement des produits vegans.
Cela signifierait que le regard sur les animaux non-humains a évolué positivement, mais aussi que de nouvelles solutions ont émergé.
Néanmoins, cela nous paraît encore loin. Et en attendant, nous tâchons de faire du mieux que nous pouvons pour promouvoir une consommation plus éco-solidaire et avec moins de souffrance.

PS : vegan, c’est surtout not enough !
Le plastique produit à l’autre bout du monde par des enfants, c’est vegan. Pourtant, ce n’est pas vraiment notre tasse de thé.
Comme pour les produits Made in France ou issus du réemploi, cocher un seul critère n’est pas suffisant pour intégrer le réseau d’enseignes éthi’Kdo. La Mission de nos équipes consiste en l’étude d’un ensemble de faisceaux concordants. Et pour celles et ceux qui souhaitent découvrir tout notre cheminement pour valider le référencement d’une marque, nous avons un article à venir prochainement (donc n’hésitez pas à vous abonner à notre newsletter si ce n’est pas encore le cas ;-).
PS 2 : (la minute philo qui va trop loin) notre mission ne serait-elle pas un peu vegan-incompatible ?
Notre Mission, écrite en 1ère ligne des statuts de notre coopérative est de « favoriser une consommation plus respectueuse des êtres humains et de l’environnement ». À leur écriture, il y a 5 ans, cela nous paraissait déjà bien.
Mais à distinguer les êtres humains et l’environnement, n’étions-nous pas involontairement en train d’acter qu’il y aurait d’un côté les humains et de l’autre un gros bloc qu’on appellerait « l’environnement » ?
Et ainsi, qu’il y aurait d’un côté les humains, et de l'autre les animaux, oubliant ainsi que nous sommes aussi des animaux. Certes différents en de nombreux points, mais tout de même des animaux.
Pour tout vous dire, nous en étions sans doute déjà un peu conscients mais trouvions que formuler notre Mission ainsi : « favoriser une consommation plus respectueuse du vivant » apportait moins de clarté. Peut-être est-il venu le temps de la changer…
Qu’en pensez-vous ?
Donnez nous votre avis en bas de page !
Qui sommes-nous pour dire ça ?
Ethi'Kdo est une initiative coopérative à but non-lucratif créée en 2019 par 6 citoyens et 6 structures de l'Economie Sociale et Solidaire dans le but de créer la 1ère carte cadeau multi-enseignes écologique et solidaire : la carte éthi'Kdo.
Seul émetteur de cartes cadeaux multi-enseignes agréé d'Utilité Sociale par l'Etat (ESUS), éthi'Kdo s'adresse aux CSE, entreprises, associations... et aux particuliers désireux de faire plaisir en offrant un cadeau réellement écologique et solidaire.
Conscient des conséquences négatives des modes de consommation actuels, éthi’Kdo se veut un catalyseur de la transition écologique et de l’économie circulaire en encourageant la transformation vers une consommation plus respectueuse des êtres humains et de l'environnement.
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Sources citées dans l’article :
- (1) L’évolution des tendances du véganisme en France, décryptée par Deliveroo après cinq années d'observation
- (2) Véganisme - Wikipedia
- (3) L’évolution des tendances du véganisme en France, décryptée par Deliveroo après cinq années d'observation
- (4) En excès, la viande est décidément mauvaise pour la santé - Reporterre
- (5) Pourquoi nous devrions tous envisager sérieusement d’arrêter de manger du poisson- Science Post
- (6) 15 sportifs végétaliens - Ipso
- (7) L’impact de la déforestation sur la biodiversité - Action Climatique
- (8) Le bilan carbone de l’élevage - INRAE
- (9) À Plouvorn : 80 000 cochons, de l’ammoniac et des nitrates - Splann !
- (10) FAO - 2025
- (11) Searching for Animal Sentience: A Systematic Review of the Scientific Literature
- (12) Le regime végan est-il dangereux pour la santé ? - Le Figaro
- (13) Foie gras : des canards élevés dans la barbarie - Libération
- (14) Cruelty-free - Wikipedia
- (15) Le vin est-il végan ? - Vegan France
Pour aller plus loin
- The Game Changers sur Netflix
- Barbara Daniels
Non, il n’est pas indispensable de manger de la viande pour être en bonne santé - Le Monde